7eme rencontre Joseph PERSAT 18/10/2014

ACCUEIL DES PARTICIPANTS

ET INTRODUCTION A LA JOURNEE

Bonjour à tou(te)s

18 octobre.

Lendemain du 17 qui nous invite à nous rassembler pour lutter contre la misère et la pauvreté. Qui nous rappelle la parole de Joseph Wresinski : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l‘homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. ›› Faire respecter les droits ou les hommes ? La phrase pouvant prêter à confusion j’ai choisi, j’essaie de choisir, chaque matin l’option la plus large : les hommes ET leurs droits.

18 octobre.

Jour de la saint Luc dont l’Evangile a su, plus que d’autres, faire place aux pauvres de son temps (dont faisaient partie les femmes, à cette époque). Ce qui peut venir confirmer, si besoin était, la nécessité évoquée par l’évangéliste de convoquer les pauvres à notre table : « invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles et tu seras heureux parce qu’iIs n’ont pas de quoi te rendre. » (Luc 14,13-14). Ce qui peut venir souligner qu’il n’est guère normal que notre peur de manquer de place autour de notre table nous réduise souvent à ne nous inviter qu’entre nous ? Notre vie ne se donne que là où nous le pouvons.

Luc, c’est celui aussi qui, dans les Actes des Apôtres, inclut le partage de biens (2,42-47) dans la feuille de route des chrétiens… et il en fait une question de vie ou de mort. Non pas pour celui avec qui on partage ou non. Nos journaux sont pleins de la mort de ceux-là que nos égoïsmes n’en finissent pas de condamner. Mais une question de vie ou de mort pour celui qui partage ou non. La blessure mortelle d’Ananie et de Saphire (Act 5) n’en finira jamais de venir agacer notre épiderme parfois si peu évangélique.

18 octobre.

C’est le jour que nous avons choisi pour notre 7ème rencontre Joseph Persat. Une manière d’honorer la mémoire de celui qui m’a confié de prendre sa suite au Mas. Mais une manière de nous interroger à nouveau frais sur nos engagements. Pour en vérifier les fondements. Et aujourd’hui, c’est une question qui nous fait nous retrouver : « La vie, c’est quoi ? ›› Question aussi banale que vitale. Question de tous les temps. Bertrand Vergely (philosophe) raconte cette épopée de la vie à travers le mythe de la création du monde par Hésiode (poète grec du Vlllème siècle avant Jésus-Christ) :

« Au commencement il n’y a rien que la nuit. Ce rien est tel que, niant tout, il finit par se nier lui-même. Cette négation donne Eros, le dieu de l’amour. L’amour qui est fort donne la Terre (Gaïa), laquelle est tellement terre qu’elle finit par produire son autre, le Ciel (Ouranos), lequel vient couvrir Gaia de son amour passionné. De cette étreinte naissent les Titans, les Cyclopes, les monstres, les Géants, les Furies. Ouranos ne les supportant pas, une guerre s’ensuit dans laquelle il est vaincu par Cronos, le dieu du temps, qui se met à dominer les Titans avec son épouse Rhéa qui est en même temps sa sœur. Apprenant cependant un jour qu’il sera détrôné par l’un de ses fils, pour conserver son trône il se met à avaler tous les enfants qu’il fait avec son épouse Rhéa. Sauf un, que Rhéa parvient à sauver en le remplaçant par une pierre. L’enfant sauvé s’appelle Zeus, le dieu de la foudre. Aidé par les Titans, il détrône son père et fonde l’Olympe, le séjour des dieux. Les forces chaotiques du monde ayant été apprivoisées, l’humanité peut alors advenir . : tout est prêt pour l’accueillir. » [1]

Et Bertrand Vergely de conclure :

« Ce récit est exemplaire dans la façon qu’il a de dévoiler ce qu’est l’ordre des choses, en grec cosmos. Loin d’être un ordre statique, celui-ci est un ordre vivant apparaissant comme un désordre, chaos en grec, perpétuellement surmonté. »

Il me semble que nous ne sommes pas loin de notre préoccupation d’aujourd’hui : c’est quoi la vie ? Pas si loin non plus de notre sous-titre : accrochés, décrochés, raccrochés l

Décroché

Vécu d’abord comme une expérience négative, pour certains, le chaos c’est ce « décrochage ››, annoncé, largement instrumentalisé à travers l’expérience des ces « décrocheurs ›› scolaires dont bien peu savent que faire !

Le nouveau chaos du monde n’est plus seulement dans l’organisation extérieure du monde. Le nouveau chaos du monde est entre nous autant qu’à l’intérieur de chacun d’entre nous. Dans un monde où nombreux sont celles et ceux qui se perdent, le nouveau chaos du monde est peut-être bien dans l’excessive normalisation imposée à tous. Où bon nombre se laissent formater, portés par l’assurance que peut procurer les normes et la pensée unique du moment.

Conformes. Trop conformes.

Sauf que le « prétexte normatif ›› de vouloir faciliter la vie commune n’est le plus Souvent que le retour à cette « nuit ›› des commencements posée par Hésiode à l’entrée de son mythe fondateur, l’empêchement même de toute vie. Trop de normes tend à nous nous rendre absent de la vie, à empêcher la vie, à accepter de perdre notre place propre pour donner toute la place au système. Du coup, beaucoup ne s’y retrouvent plus.

Sans mésestimer les difficultés pour faire face à un « chaos ›› que beaucoup ont le sentiment de ne pas pouvoir / savoir maîtriser (parce qu’imposé ou subi), nous aurons sans doute à nous poser la question de savoir si l’on peut vouloir vivre et vivre réellement hors de cette « tourmente ›› qui amène lentement (c’était la certitude des Anciens) à une organisation, à une vie pleine parce que ses forces chaotiques (en nous et autour de nous) génèrent en elles-mêmes un ordre, une maîtrise indécelable hors du mouvement même de la vie, d’un chaos qui se prend à vivre ?

Accroché

L’histoire ne manque pas de ces personnages qui décrochent d’une situation, d’un statut pour accéder à une autre dimension de la vie.

On peut évoquer ici :

Le décrochage imposé à Abraham (« Quitte et va vers toi ››) ; celui, subi, de Joseph, vendu par ses frères et celui de la plupart des prophètes du premier Testament (et d’ailleurs) ; celui, choisi, de Jésus qui « décroche ›› de sa condition divine, lui qui « n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu ›› (Phil. 2,6) mais s’est offert pour tous ? Tout cela est connu.

Mais avant ceux-là, le premier décrochage d’entre les décrochages est peut-être celui de ce Dieu que nous disons nôtre, qui nous décroche d’un monde pensé comme un tohu-bohu primordial et immaitrisable, pour éveiller la vie et lui donner sens : non pas décrocher la lune et les étoiles, mais les enraciner dans le ciel de notre terre pour faire d’un chaos un monde organisé. Et pour donner lieu à l’homme de pouvoir l’être, d’être capable d’affronter les rudesses de l’existence, d’opérer les partages nécessaires avec l’autre, au 7ème jour, ce même Dieu décroche lui-même de sa création. Par là, il donne au monde son autonomie. Je me suis dit qu’au fond le décrochage qualifie bien un peu Dieu ! Alors peut-être qualifie-t-il aussi le croyant ? Ce sera à nous de mener ce partage dans nos groupes de travail, tout à l’heure.

Parmi ces décrochés, je ne veux pas oublier ni occulter le décrochage du fondateur du mas de Carles : désolé et blessé par l’attitude de sa hiérarchie à propos de l’accueil qu’il proposait dans son presbytère[2], il a décroché de sa foi au système pour donner à la vie la couleur de l’accueil évangélique, pour s’accrocher à ce qu’il avait deviné du mode de présence de Jésus et définit comme le cœur de sa présence à l’autre par-delà les aléas de tout engagement fort. Le testament de Carles est là pour signifier la force de cette conviction.

S’il qualifie peut-être le croyant, il ne fait guère de doute, pour beaucoup, que ce décrochage qualifie en tout cas, le philosophe et ceux qui lui ressemblent. Deux exemples et un troisième :

Eldorado, le roman de Laurent Gaudé qui nous raconte l’histoire de Salvatore Piracci, ce commandant de bord d’un des gardes côtes italiens basé à Catane, chargé de surveiller les embarcations amenant illégalement des immigrés clandestins sur l’île de Lampedusa. Lui est chargé de les intercepter et de ramener les fuyards à terre, en zone de rétention. Une rencontre et il décrochera totalement, quittera son boulot et son rang, se perdra, tentera de se suicider avant de trouver la paix dans l‘accompagnement d’un de ces clandestins qu’il livrait autrefois aux autorités italiennes. Décrochage, raccrochage. Entre les deux, le tourbillon de l’instable et du précaire pour soi.

Le roman de Boris Khazanov, L’heure du roi[3], qui raconte le décrochage de ce roi d’un royaume imaginaire (situé au temps de la dernière guerre) épousant l’infortune de son peuple en se promenant contre toute étiquette une étoile jaune au revers du veston, pour signifier son refus des conditions imposées par l’envahisseur. Et il décidera tout son peuple à en faire autant ! Commentaire mis dans la bouche du roi par l’auteur de cette fable : « Cédric s’abstint de commentaire… II attira seulement l’attention d’AmaIia (sa femme) sur le fait que les tilleuls, cette année, avaient perdu tôt leur feuille ›› l’Absolu du décrochage.

Dans un tout petit livre, Akira Mizubayashi, auteur japonais d’un Petit éloge de l’errance[4] raconte la nécessité de ce décrochage pour exister en face d’une société japonaise rigidifiée dans ses pratiques et sa conception d’elle-même comme corps exigeant l’approbation et la soumission de tous, ce qu’il nomme le «corps catastrophique ››. Il illustre cela avec Rousseau (dont il est un spécialiste reconnu) et Mozart, entre autres.

De Rousseau il retient « La nouvelle Héloïse ›› et rappelle que c’est après avoir décroché de son inatteignable Julie (qui se marie à un autre) qu’il finira par porter un autre nom que celui « d’amant de Julie ››. De retour d’errance, il s’appellera Saint-Preux dans la communauté qui l’accueille. Le décrochage, « l’errance, marque ainsi une naissance, la révélation d’un monde autre, d’une vie différente ›› (p. 91).

Ou encore, dans les Rêveries d’un promeneur solitaire, Mizubayashi rappelle : c’est après avoir décroché de la compagnie de ses riches compagnons tout occupés à lancer des pains d’épices au petit peuple des paysans pauvres qui les entourent (au point de déclencher une bagarre généralisée qui les amuse fort) que JJR trouvera le secret d’une société heureuse (c’est l’épisode de la vendeuse de pommes et des petits paysans qui n’ont pas assez d’argent pour les acheter qu’il finit par acheter lui-même pour les partager aux gosses).

De Mozart, il retient (entre autre) le parcours qui « l’arrache au pouvoir d’enfermement du prince-archevêque Colloredo de sa ville natale (Salzbourg). ›› De là, «il s’af*firma dans une grandiose errance qui ne prit fin qu’à sa mort. ››

Entre deux

Décrochés, désorientés, désarçonnés, excédés, déracinés : c’est l’expérience de beaucoup… même parmi nous, subie ou choisie. Une situation qui peut devenir invalidante pour certains, dés lors étrangers au monde qui les entoure. Et cela se fait parfois au prix des autres. Dans notre réflexion, nous aurons garde de ne pas oublier celles et ceux qui s’y perdent, celles et ceux qu’un décrochage à réduit à rien, ou qui peinent à trouver où se raccrocher.

Mais aussi, au bout ou en cours de chemin, enracinés, harmonieux, réorientés, raccrochés… Et le temps qui précède n’aura été qu’une préparation. Est-ce si facile ? Décrocher assure-t-il pour autant accrochage ou raccrochage ? Peut-être le décrochage, l’errance n’est-elle pas une étape ?

Peut-être faut-il y pouvoir durer. Pour ne pas décevoir quiconque, c’est le conseil que donnait René Char: « Dure, afin de pouvoir encore mieux aimer un jour ce que tes mains d’autrefois n’avaient fait qu’effleurer sous l’olivier trop jeune. » [5]

Voilà ce que m’ont inspiré les mots de notre annonce-titre et qui pourrait être au cœur de notre réflexion aujourd’hui, au moins dans notre premier temps d’atelier. Ensuite Philippe viendra enrichir et réorienter notre travail du jour.

A Clichy La Garenne, mardi 14 octobre, le président Hollande au cours d’une rencontre avec des représentants d’associations de lutte contre la pauvreté: « notre fierté collective, c’est de permettre que nous puissions, non pas supprimer, éradiquer la pauvreté, mais faire en sorte que tous ceux qui sont loin puissent être ramenés, raccrochés, repris par l’action collective ››

[1] Bertrand Vergely, Deviens ce que tu es, Albin Michel, 2014, p. 27.
[2] Olivier Pety, La mésange et l’amandier Cardère éditeur, 2013, p. 97-102.
[3] Boris Khazanov, L’heure du roi, Vivgiane Hamy Editions, 2005 (publié pour la première fois en 1977)
[4] Akira Mizubayashi, Petit éloge de l’errance , éditions Folio, 2014.
[5] René Char, Le bouge de l’historien, dans Commune présence, NRF, 1978, p. 24

 

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Le testament de Joseph

“Un homme découvrit un trésor caché dans un champ. Dans sa joie, il s’en alla, vendit tout ce qu’il possédait et acheta le champ” (Évangiles de Mt 13,44).

Cet homme, c’est moi-même. Le trésor, c’est le Mas de Carles. Un jour, j’ai découvert Carles. Ce fut, pour moi, un émerveillement. Je découvris un site exceptionnel. Il s’en dégageait une ambiance de paix, avec un certain fond de mystère. J’ai été séduit. J’ai compris qu’il y avait là quelque chose à faire, une chance à ne pas manquer. J’ai passé une grande partie de ma vie à accueillir : j’y ai vu là l’aboutissement d’un projet. Les plus déshérités, ceux qui n’ont plus de famille, de travail, y auraient leur place. Tous ceux qui ont soif de paix, de calme, d’amitié, y viendraient. Une vie fraternelle de partage y serait possible loin de tout ce qui divise : l’argent, la race, la culture, etc. Carles deviendrait un lieu fort pour de nouveaux départs.

Carles a une vocation d’accueil. Depuis des années, Carles a accueilli des milliers de personnes et ce sont les plus pauvres qui y ont trouvé demeure.

C’est pourquoi je demande aux membres de l’association d’entrer dans ce mouvement d’accueil, déjà réalisé en partie, pour le développer et le soutenir avec désintéressement…

Carles ne deviendra jamais un objet d’intrigue, un lieu de trafic, de commerce ou réservé à quelques-uns ».

Fait à Avignon, le 15 Janvier 1981
Père Joseph PERSAT, Fondateur du Mas de Carles
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Les 7èmes Rencontres Joseph Persat – Samedi 18 octobre 2014. De 9h à 19h

C’est quoi la vie : accrochés, décrochés, raccrochés ?

Les rencontres Joseph Persat veulent offrir un cadre de réflexion et de débat à tous ceux qui sont engagés dans un travail de soutien et d’accompagnement, de quelque manière que ce soit, auprès de personnes en situation de précarité et d’exclusion sociale. L’organisation de ces journées a pour objectif de proposer aux participants un autre regard sur l’exclusion et la pauvreté et de les sensibiliser à la réalité et aux mécanismes qui génèrent ces situations.

Cette 7ème journée s’inscrit dans le prolongement des précédentes dont les thèmes ont été :

  • le 16 octobre 2004, « l’exclusion a changé de visage, quels regards porter sur cette réalité ? ».
  • le 15 octobre 2005, « dans la lutte contre la pauvreté, la place et le rôle des institutions ».
  • le 14 octobre 2006, « les formes de la précarité chez les jeunes ».
  • le 18 octobre 2008, « exclusion sociale, spiritualité : question d’humanité ? »
  • le16 octobre 2010, « quand l’autre devient étranger ».
  • le 20 octobre 2012, « du changement à la métamorphose ».

Pour cette 7ème journée, le concept de « décrochage » (reprise des problématiques « jeunes « décrocheurs ») nous a semblé pertinent pour réfléchir aux questions brûlantes qui se posent dans notre monde où de plus en plus nombreux sont ceux qui « se perdent », ne trouvent pas leur place dans une société de plus en plus « normée » dans laquelle ils sont (ou sont devenus) incapables de répondre aux exigences des modes d’organisation et de fonctionnement qu’elle impose.

D’autre part, ils sont nombreux aussi ceux qui se laissent « formater », se laissent porter par les modes du moment, adoptent comportements et idées en vogue divulgués à grand renfort de com., perdent toute capacité de jugement, de réflexion, sont incapables de penser, sont conformes, trop conformes.

Ceux qui ne peuvent accepter, supporter les normes et codes en vigueur sont peut être ceux que certains nommeront « décrochés » mais en qui d’autres verront des hommes et femmes libres et donc, créatifs.

Dans les débats des réunions de préparation nous nous sommes attachés à approfondir deux points particuliers :

  • Nous sommes tous, d’une façon ou d’une autre, à un moment ou un autre, décrochés.
  • Certains bousculent normes et habitudes et deviennent des « décrochés », ce qui leur permet d’ouvrir des espaces créatifs, tel Joseph PERSAT, inventeur du Mas de Carles, lieu de raccrochage.

D’où, le titre : « C’est quoi la vie : accrochés, décrochés, raccrochés ? ».

Il s’agit d’examiner le décrochage sous ses deux aspects, négatif et positif. Joseph Persat, « décroché », libéré des contraintes de la société de son temps, a pu inventer un lieu de « raccrochage »….. Le Mas de Carles.

 

PROGRAMME DE LA JOURNEE

9 h : accueil – présentation de la journée

9h45-10h45 : ateliers

11h – 13 h : conférencier

13h – 14h15 : repas partagé, chacun apporte un plat pour 4. Le Mas de Carles se charge des « utilités » (assiettes, verres, couverts, pain etc… ainsi que de l’apéritif).

14h15 – 16h15 : ateliers

16h30 – 18h : restitution-synthèse suivies d’échanges.

18h : conclusion

18h30 : verre de l’amitié


 

Bulletin d’inscription à renvoyer avant le 13 octobre à : Rencontres Joseph Persat – Mas de Carles

Route de Pujaut – 30400 VILLENEUVE LES AVIGNON Tél : 04 90 25 32 53 – Fax : 04 90 15 01 37

Mme / Mlle / M. ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Adresse…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Participera / ne participera pas à la rencontre du 18 octobre 2014


 

Les 4 Ateliers

 

Le 1er temps de chaque atelier sera consacré à un travail sur le thème : « Moi, décroché ».

Atelier 1 « Normes et Créativité »

Les normes ont envahi nos vies. Certaines permettent de vivre (en société), facilitent la vie. D’autres empêchent de vivre parce qu’elles « formatent » jusqu’à supprimer toute possibilité de créativité.

Notre réflexion étant centrée sur la VIE, nous nous attacherons à repérer les normes utiles. En contre point, nous examinerons celles qui bloquent la vie.

Comment exercer notre discernement pour se conformer aux normes utiles et revoir celles qui non seulement sont inutiles mais peuvent même être dangereuses ?

Comment résister à la pression de ces normes qui tuent l’élan vital ?

Quels risques pouvons-nous prendre, de quelles normes pouvons-nous décrocher ? Aller aux frontières ? A quoi nous raccrocher ?

Comment accompagner le décrochage et le raccrochage pour plus d’humanité, de liberté intérieure, pour un mieux vivre ?

 

Atelier 2 « Rituel et décrochage »

Chaque jour, chaque instant, notre vie est rythmée par des rites imposés par des habitudes, des convenances ou des nécessités.

Le rituel est un produit de la famille, de l’école, de l’ environnement géographique, culturel, religieux , économique, politique, et variable selon les époques.

Le décrochage conduit à se dégager de contraintes et d’habitudes par choix ou malgré soi, partiellement ou totalement.

Il est positif pour certains, négatif pour d’autres.

En vivant hors des rites, volontairement ou non, les conséquences seront différentes et multiples.

Pour se construire ou se reconstruire, on peut s’accrocher aux rites, avec adhésion ou sans adhésion.

Qu’en est-il alors du « vivre ensemble » ?

Atelier 3 « Enfants, Ados, Adultes… décrocheurs, décrochés »… 

S’interroger, dans un premier temps, sur le processus de décrochage en milieu scolaire.

Analyser les éléments les plus marquants du phénomène. Qui est  responsable : l’école, la famille, la société ? L’on s’appuiera en particulier sur un article rédigé par Bastien Sueur, professeur de philosophie relatant son expérience au Lycée Nouvelle Chance Kasler de Cergy Pontoise (« Ce que le décrochage nous apprend de l’école »).

En quoi sa réflexion et ses propositions de raccrochage sont-elles pertinentes ? Le vécu de chaque participant permettra de démonter certaines idées reçues et d’enrichir le débat.

Dans un second temps, on orientera la discussion sur la problématique du décrochage des adultes : les clefs d’analyse sont-elles les mêmes que pour les jeunes ? Quelles en sont les spécificités fondamentales ?….

Atelier 4  « Spiritualité et décrochage »

Que désigne le terme « décroché » dans notre société ? Personnes sans famille, exclues, dans la misère, malades, détenues… Mais aussi personnes qui choisissent de contester  et d’ouvrir des voies nouvelles: des prophètes comme Abraham, Moïse…, des pères de l’Eglise, des fondateurs comme Joseph Persat parfois considérés comme des marginaux…

Quel regard portons-nous sur les différents « décrochés » ? Comment les plus souffrants nous voient-ils ? Quel regard la société porte-t-elle sur chacun ?

Comment pouvons-nous partager un chemin de vie avec ces personnes « décrochées », en marge de notre société?

Un échange bienveillant suffit-il ? Acceptons-nous qu’une telle démarche s’inscrive obligatoirement dans la durée ?

Notre confiance en un Dieu qui est toujours du côté des petits et des exploités nous aide- t- elle vraiment ?

Une intelligence des situations concrètes de chacun n’est-elle pas indispensable ?

Le côté pratique

Adresse du jour : Lycée Saint Joseph 84000 AVIGNON-Prendre la rue du Portail Magnanen par la rue des Lices. Au 45, vous êtes arrivé. Parking assuré dans la cour du lycée.

Participation souhaitée aux frais : 5 €

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