Ethique

Trois réalités président à l’accueil au Mas de Carles :

1) Carles est un lieu qui se veut accueillant aux plus pauvres, à ceux qui sont exclus même des réseaux d’accueil les plus marginaux. Le Mas voudrait être une réponse là où il n’y a, habituellement, plus de réponse institutionnelle possible. Cette population, le plus souvent ” sans domicile fixe”, est généralement marquée par l’absence de qualification professionnelle et d’identité sociale.
C’est notre choix !

2) Carles est un lieu à vivre. Un lieu où la vie sera première, un lieu où on peut aller, venir, s’en aller et revenir… Un lieu pour prendre sa vie en charge, accepter le risque d’assumer sa fragilité.
La vie des personnes accueillies, est jalonnée par une série de manques, parfois cumulés: affectif, psychologique, matériel, sanitaire, social à quoi s’ajoute l’absence de formation.
La reconnaissance de ces manques est notre chemin d’accès vers eux et l’indication de notre tâche dans le combat à mener contre leur disqualification sociale. Cela nous amène à :
reconnaître les hommes et les femmes accueillis comme des personnes à part entière
accueillir les personnes dans leur déséquilibre et leur précarité ;
permettre à chacun de devenir l’acteur de son projet ;
soigner sans médicaliser : un des enjeux du lieu, en retrouvant le mode de vie austère et apaisé de la campagne, est de démédicaliser une existence qui demande à être véritablement soignée et guérie ; supprimer le symptôme revient souvent à supprimer les mots (maux) pour le dire !
Nous souvenant toujours que l’intérêt de venir à Carles, c’est que l’on peut en repartir (pour celles et ceux qui le désirent)… mais aussi que l’on peut y mourir dans la dignité. »

3)  Proposer une ouverture sur l’extérieur. Faire acte d’insertion se traduira parfois par le fait de se poser de manière assurée au mas. Cela pourra se traduire par un accompagnement parfois long, pour aider les personnes à vivre ce qu’elles sont plutôt de continuer à rêver ou à décider pour elles de ce qu’elles pourraient être. L’insertion ne se fait jamais à tout prix ni au prix de la liberté des personnes. Ce « temps long » veut permettre :
– un réapprentissage de la vie avec les autres : partager ses repas avec d’autres, respecter des horaires, réapprendre la propreté ;
la redécouverte des gestes d’une vie active, dans la participation volontaire et acceptée à la gestion des ateliers de la maison : maraîchage, arboriculture, élevages divers et caprins (avec fabrication de fromages) ;
une reconnaissance de compétence par un diplôme (CAP ou autre) dans la cadre de la validation des acquis de l’expérience (VAE) acquise au cours de ce temps de vie partagée dans cet espace de nature valorisé comme tel.

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