L’intranquillité

« Aux tranquillisants je préfère les intranquilles… Et si vous êtes d’un naturel serein et posé, je ne voudrais en aucun cas introduire ce petit caillou dans vos âmes tranquilles. Quoique. Peut-être que je vous souhaite d’être un peu dérangés. Tout du moins, je vous souhaite le petit inconfort, la point d’impatience, le frémissement qu’il faut pour reprendre la route millénaire qui étire la pâte et la révèle à elle-même. »

Marion Muller-Colard nous invite sur ses chemins incertains dont elle sait si bien extraire l’essentiel qui fait vivre dans ce tout petit livre (par la taille). « Alors puise… Ecarte de toi les vains conseils de ceux qui ignorent le risque et se parlent à eux-mêmes. Bois à la source de ton courage. Puise… Ne t’épuise pas à croire en quelques solutions. Garde ta soif intacte, elle te relèvera. » (p. 41).

Auteur: Marion Muller-Colard
Editeur: Bayard en 2016
Prix: 14 €

 

Print Friendly, PDF & Email

POUR MEDITER

« Notre grand roi Charles et son fils Philippe…avaient commandé aux héroïques aventuriers espagnols de partir au-delà des océans et de rapporter l’or indien en Europe. Ils l’on bel et bien apporté et cet or a infecté l’Europe telle la vérole. Tous ont attrapé la maladie de l’or comme on attrape la gale, les cours royales, les administrations, les diplomates, les religions, les prêtres, les courtisans et les grandes dames, les croyants et les incroyants… À présent, tout est sali par l’or, chez nous. Le monde a bien changé pendant la centaine d’années écoulée depuis le premier jour où le premier navire a accosté au port de Cadix avec l’or que Cortés avait pris à Montezuma. Quand j’étais jeune moine à Avila, j’ai fait la connaissance d’un vieux corsaire qui avait roulé sa bosse avec Cortés parmi les sauvages et qui m’avait montré des serpents et des oiseaux en or, des têtes de dieux païens que les partisans de Montezuma ciselaient avant que Cortés les baptise puis les tue. Cet homme m’a raconté que les artisans de là-bas ne valorisaient pas beaucoup l’or, lequel d’ailleurs ne servait pas de moyen de paiement. Ils coulaient dans l’or des colifichets domestiques et ils les nommaient Teocuitlal, un mot aztèque qui signifie quelque chose comme l’Excrément de Dieu… Les gens de Cortés ont fait fondre ces objets d’or raffinés, leur avidité ne connaissaient pas de limites. Ils se sont goinfrés et abreuvés des Excréments de Dieu jusqu’à en avoir la nausée… J’ai entendu de vieux hidalgos castillans dire que, dans le temps, avant de s’enivrer d’or, les vrais Espagnols marchaient dans la rue en levant les yeux au ciel où ils suivaient la trace de Dieu. Maintenant les Espagnols regardent tous le sol comme s’ils espéraient y apercevoir une pièce d’or perdue pour s’en emparer d’un geste vif, semblable au pigeon qui, en picorant dans le crottin de cheval, pique un grain de blé de son bec. Car à présent l’Europe s’est gorgée et bâfrée d’or jusqu’à plus soif. »

Sándor Márai

La nuit du bûcher, Albin Michel, 2015, p.243.

Print Friendly, PDF & Email

LA VIE AU MAS

Le soutien du Rotary. Nous étions leurs invités le 29 mars pour présenter le mas aux adhérents (accompagnés de leurs épouses). Et eux présentaient aussi leurs activités à venir. Ainsi, pour la cinquième année de suite, le « Rotary le Pont du Gard » a renouvelé son soutien au Mas, à travers le don des bénéfices de la journée de kart que ses membres organisent chaque année (c’était le 3 juin dernier). Le chèque fut remis devant les journalistes le 19 juin. De quoi aider à la restauration d’un espace remis aux normes sanitaires pour produire les (excellentes) confitures des Embrumes. Une bien belle fidélité qui s’accompagne d’une réelle amitié et d’un coup de pouce aux hommes par la proposition d’emplois durant les vendanges sur Tavel.

Et le 24 juin, quelques jours après la remise de ce chèque, nous étions conviés à Mazan (avec Jacques) pour y recevoir le « prix servir » (c’est la devise du Rotary : Servir d’abord) offert au mas (en la personne de son président) remis par le gouverneur du district 1760. Le dossier avait été monté en secret, avant que l’annonce n’en soit faite quelques jours avant la date retenue. Chaleur écrasante

Le 27 avril, se déroulait l’assemblée générale du Mas. Malgré quelques cafouillages d’information, une centaine de personnes étaient présentes (voir compte-rendu ci-joint). Et tout s’est terminé par un repas partagé.

Les 29 et 30 avril, nous avons de nouveau participé à « Ferme en Ferme ». Il s’agit d’une opération nationale qui se décline localement. Des femmes, des hommes, des familles tournent et visitent quelques exploitations « bio » autour d’Avignon. Près de 550 personnes ont ainsi visité le mas, guidées pour une grande partie par les résidents et quelques bénévoles, sous le regard attentif de Caroline, Patrick et Claire. Une belle réussite. D’autant plus qu’elle contribue à qualifier la maison et les hommes autrement qu’on ne le fait habituellement. Ce n’est pas le social qui attire, à ce moment-là, mais la qualité de la production et le côté « bio » de celle-ci. Une belle reconnaissance pour tous.

Début juin, l’assemblée générale d’Imagine84 acte l’émancipation de ses trois services comme autant d’associations. Une manière de rendre Imagine à sa vocation première de lieu de réflexion, de partage et de proposition inter-associatif.

Mi-juin, les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) tenaient leur assemblée générale au mas, suivi d’un repas champêtre pris ensemble avec la maison.

UILV. Le 15 juin (en même temps que la réunion des aumôniers des Gens du voyage venus faire le point sur le dernier pèlerinage des Saintes) se tenait l’assemblée générale de l’Union Interrégionale des Lieux à Vivre.

Après avoir réglés les actes ordinaires d’une AG, les participants se sont interrogés sur la démarche menée à Paris, où Michel Bérard, Serge Davin et Olivier Pety se sont retrouvés le 18 mai, devant le Conseil National de Lutte contre les Exclusion (CNLE) pour défendre l’accès de l’Union Interrégionale des Lieux à Vivre (et de ses 10 partenaires) au statut d’OACAS (Organismes d’Accueil Communautaire et d’Activités Solidaires) [1].

Il s’est manifesté un certain désarroi devant le refus d’accès de sept d’entre nous qui répondaient pourtant comme les autres aux critères d’accessibilité à l’OACAS (selon les mots mêmes de la DGCS : « globalement, les critères prévus par les textes pour l’OACAS étaient respectés pour ces 10 lieux à vivre ») [2]

L’assemblée souhaite :

  • réaffirmer les caractéristiques propres à tous les « lieux à vivre » qui ont  permis à beaucoup de ne pas mourir, de ne pas finir leurs jours dans des hôpitaux psychiatriques…
  • tenir que nos lieux ne sont pas des « entreprises d’insertion » : aucune de nos activités (qu’on vende ou pas) n’est rentable dans la réalité. Nous, nous cherchons à promouvoir une vie organisée autour de l’activité, non nécessairement marchande.
  • qu’il ne suffit pas d’augmenter l’exigence de pourcentage d’accès à l’emploi pour que cela devienne réalité… d’autant que certains choisissent de pouvoir vivre une vie de marginalité choisie. Mais nous maintenons que, chaque fois que c’est possible, nous accompagnons les personnes dans l’insertion professionnelle. Ce qui est rendu possible par les interrelations de chacun de nos lieux avec d’autres lieux et partenaires
  • rappeler l’incompréhension devant la décision de la DGCS qui valide l’Union, tout en lui déniant sa responsabilité quand elle discrimine sept des partenaires membres de l’Union qui est censée valider les démarches de chacun de ses membres ;
  • redire que nous ne pouvons pas nous contenter des estimations et considérations de la DGCS qui rajoute ses interprétations en lieu et place du texte du décret.

Depuis nous avons reçu un courrier du CNLE qui, tout en confirmant les choix de la DGCS formule l’avis suivant : « Le président déclare l’adoption d’un avis favorable du CNLE sur la demande d’agrément de l’Union interrégionale des lieux à vivre pour trois des dix structures présentées, au titre du décret du 14 juillet 2009 relatif à l’agrément des organismes d’accueil communautaire et d’activités solidaires. Le CNLE estime que la possibilité d’un agrément pour les autres établissements au statut OACAS devrait pouvoir être examinée dans un délai de six mois dans le cadre de la procédure de suivi.

Le CNLE estime en outre que l’État (DGCS) devrait approfondir les critères d’appréciation relatifs aux activités proposées aux personnes accueillies pour statuer sur l’éligibilité à l’agrément OACAS des organismes qui le sollicitent. Une meilleure prise en compte de la vocation sociale de ces organismes devrait se traduire par la reconnaissance de l’acquisition de compétences et de savoir-faire des personnes dès lors que ces activités permettent d’envisager un parcours d’insertion professionnelle ultérieur, qu’elles apportent ou non des ressources financières à la communauté. »

Voilà qui ouvre un nouvel espace de « négociation ».

Le 26 juin, pour célébrer la fin du Ramadan trois de nos résidents, Mohamed, Hafid et Lhabib, nous ont permis de partager un repas de fête, autour d’un couscous tout à fait réussi et de gourmandises diverses.

Le même jour, une petite équipe de « carliens » partait en congé chez les sœurs de Saint Paul de Vence, pour une semaine. Petit entretien de la propriété des religieuses en prime.

Cette sortie s’est soldée par un événement malheureux. Au dernier moment, Lhabib a voulu faire partie du voyage et demandé à être déposé auprès de sa famille dans la région de Nice. Sauf qu’il n’avait pas de papiers en règle… Ce qui devait arriver finit par arriver : contrôle de police, arrestation et direction centre de rétention !

Le Collectif Insertion par l’Activité Economique (IAE) du Gard est venu le vendredi 30 juin au Mas de Carles fêter ses 10 ans d’existence et tenir son assemblée générale annuelle. Les adhérents du collectif, dont fait partie le Mas de Carles, et les partenaires sont venus nombreux (60 personnes) pour fêter cet évènement autour d’un repas préparer et servit par l’équipe du Mas…

Pour l’occasion nous avons accueillis Madame Carole Bergeri, vice-présidente du Conseil départemental du Gard et déléguée à l’insertion. Madame Bergeri a rappelé l’importance accordée par les élus Gardois au travail mené par nos associations et dont les activités sont soutenues à hauteur de 11 millions d’euros par le département. Une trentaine de structures adhèrent au collectif dont les missions d’animation, d’expertise, de communication et de formation soutiennent concrètement le travail des adhérents.

La dernière production « littéraire » collective du Mas, Et puis ce fut le printemps, a donné des idées à quelques-uns d’entre nous : présenter une lecture publique d’une partie de ses textes. En lien avec Totout’Art. Il n’y a plus qu’à préparer l’affaire (et certaines voix soutiennent déjà que cela n’est si facile que ça en a l’air).

Et la ferme Bezert ? L’aventure s’est conclue par une décision du C.A. et une lettre du président des amis de la ferme : « Nous avons eu une belle ambition… Bien des obstacles se sont mis en travers de notre route et nous en avons surmonté beaucoup. Il y avait des difficultés financières : nous étions partis sans argent… et il faut bien le dire, nous étions trop peu nombreux pour donner une assise durable à ce projet. C’est ainsi que le Conseil d’Administration a été amené à renoncer au projet » […] préférant réserver les forces existantes à soutenir « une association caritative d’Orange prête à lancer un projet nouveau que nous soutiendrons dans son démarrage. » A suivre !

L’occasion de nous redire qu’aucun lieu d’accueil ne prend son envol autour d’une table, mais bien de l’engagement concret de tel ou tels sur le terrain et dans les difficultés d’une relation de proximité avec des personnes en difficultés. Si belles soient les intentions de départ !

« Ce que je dois chercher ce ne sont pas des mots, mais ce qui en moi ne s’est pas brisé encore, ou pourrait ne pas se briser si je me heurtais là-contre, non pas en pensée, mais de toute la force de ma vie persistante… »

Philippe Jaccottet     

Tâches de soleil ou d’ombre

 

[1] Voir Edito.

[2] Rapport DGCS. Voir le site : dossier OACAS.

Print Friendly, PDF & Email

DITS

Ils vivent dans des parkings, à même le sol. Hommes ou femmes seuls, familles avec enfants aussi, ils sont plusieurs centaines à vivre ainsi, entre chaleur et moustiques. Selon un recensement récent, 26% d’entre eux occupent ces lieux depuis un an et plus dont un tiers sont présents jour et nuit.

Journal La Provence, 26 mai 2017.


Depuis le début de l’année 1720 migrants sont morts en Méditerranée. En 2016, ils étaient 5.079. Cerise sur le gâteau, un groupuscule d’extrême droite italien (sous la marque » Génération Identitaire) appelle à dons pour constituer une flottille capable de s’opposer aux actions des bateaux des ONG dépêchés sur place pour venir en aide aux naufragés. Qu’il accuse de « trafic d’êtres humains » !

Mais pas de privilège : « La mer reliant Anjouan-Mayotte reste la plus grande et grave épidémie meurtrière de la population comorienne », note le site Habarizacomores.com. Plus de 12.000 morts en 20 ans parmi celles et ceux  qui tentent de rejoindre Mayotte, cette terre française, synonyme (ici comme ailleurs) d’une Europe sensée être plus accueillante que celle qu’ils quittent. Et, sans doute, bien d’autres ailleurs encore. Est-ce donc « ainsi que les hommes vivent » ?

Libération, 31 mai, 4 juin 2017

La Provence 4 juin 2017.


Plus de deux cents jeunes migrants mineurs attendent une place pour se mettre à l’abri à Marseille… qui ne dispose que de 21 places. Les autres dorment sur les trottoirs de la ville après s’être entendu répondre : « Ayez confiance, vous serez mis à l’abri à un moment où à un autre. » (David Le Monier, directeur du service des mineurs non accompagnés des Bouches du Rhône)

La Provence, 31 mai 2017.


Selon l’observatoire des non-recours aux droits et services, ce sont chaque année près de cinq milliards d’euros de prestations familiales et de logement, 700 millions de couverture maladie universelle complémentaire ou encore 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé qui ne sont pas versés à leurs ayants droit. Autrement dit, le « non-recours » est bien plus important que la fraude ». Ce qui semble satisfaire tout le monde, face au « risque de faire exploser les budgets. Cynique, mais réel. »

Le JAS, septembre 2016.

Print Friendly, PDF & Email

AUJOURD’HUI

Les chiffres de l’accueil…

Au 30 juin, 70 personnes ont été accueillies au mas. 58 personnes hébergées : 35 dans le « lieu à vivre » (dont 5 en ACI, 1.493 h), 15 dans la « pension de famille » et 8 dans le cadre de l’urgence (soit, au total,). 12 ont participé au chantier d’insertion (7.911 h).

24 personnes relevaient du RSA, 23 touchaient une Allocation Adulte Handicapé, 11 avaient une pension ou une retraite, 4 de l’allocation spécifique de solidarité.

6.386 repas ont été servis (921 en plus par rapport à 2016)

 

… vos dons et nos activités

Au 3 juin, la totalité de vos dons s’élevait à 60.517 € (soit 11,4% des recettes). Cotisations : 4.260 €) ; ventes : 58.883 € (11,1% des recettes) ; participation des résidents : 18.908 € ; pension de famille : 12.278 €. En tout cela représente 29,1 % des recettes globales de la maison.

Le dirons-nous assez ? Merci et gratitude à vous tou(te)s qui nous permettez ainsi (entre vos dons et vos achats) de traverser crises et modes, pour nous donner un peu d’indépendance dans la poursuite et la mise en œuvre de nos intuitions d’accueil.

Bienvenue à celles et ceux qui voudront se joindre à ces offreurs de liberté !

Print Friendly, PDF & Email

Les Cahiers du Mas de Carles n° 11

Le dernier né : n° 11 : « Et puis ce fut le printemps : atelier d’écriture », mars 2017, Cardère l’Ephémère, 10 €.

L’atelier d’écriture…
Un rendez-vous qui a trouvé son rythme au fil des saisons entre 2015 et 2016.
Un espace créatif qui a rassemblé des résidents, des bénévoles et des salariés du Mas de Carles; c’est-à-dire les trois composantes du projet associatif.
L’objectif était d’écrire ensemble, chacun à partir de son expérience, de sa situation et de son mode d’implication dans le projet commun.
Écrire pour soi et pour les autres dans une simple démarche d’expression personnelle et collective.

Print Friendly, PDF & Email

Lettre 85

Cliquez pour lire l’intégralité de la lettre 85

EDITORIAL

Hébergement, vie communautaire, activité et citoyenneté sont les points cardinaux inscrits au cœur de notre pratique. Cette approche, en rupture avec les logiques d’assistanat, permet aux personnes accueillies de reprendre la maîtrise de leur existence et de redonner un sens à leur vie. Aujourd’hui le statut des OACAS reconnaît officiellement l’alternative qu’offre ce type d’accueil, au Mas de Carles comme dans les dix autres « lieux à vivre » réunis au sein de l’Union Interrégionale des Lieux à Vivre (UILV).

Une nouvelle entité juridique : l’article 17 de la loi du 1er décembre 2008 généralisant le revenu de solidarité active et réformant les politiques d’insertion crée, au sein du Code de l’action sociale et des familles (article L.265-1 du CASF), une nouvelle catégorie d’entité juridique : les OACAS (Organismes d’Accueil Communautaire et d’Activités Solidaires).

Les OACAS visent à favoriser l’insertion sociale et professionnelle des personnes qu’ils accueillent. Ils permettent à des personnes éloignées de l’emploi de participer à des activités relevant de l’économie sociale et solidaire sans lien de subordination, à la seule condition de respecter les règles de vie communautaire. En retour, les personnes accueillies ont la garantie d’un hébergement décent, d’un soutien personnel et d’un accompagnement social adapté à leurs besoins et d’un soutien financier assurant des conditions de vie digne.

Les OACAS suivent des règles propres et n’entrent donc pas dans le champ du droit commun des établissements sociaux et médico-sociaux ni du code du travail (absence de lien de subordination et de prestation contre rémunération).

Les OACAS bénéficient, à leur demande, de l’application de l’article L.241-12 du Code de la sécurité sociale : les cotisations d’assurance sociale et d’allocations familiales sont alors calculées sur la base d’une assiette forfaitaire lorsque les rémunérations perçues sont inférieures ou égales au montant de cette assiette. A ce jour, il est de 40 % du SMIC par heure d’activité.

Un décret relatif à l’agrément des OACAS : en vertu de l’article L.265-1 du CASF, ces organismes sont soumis à un agrément dont les conditions ont été fixées par le décret n°2009-863 du 14 juillet 2009. Selon les cas, cet agrément peut être départemental (département du siège social de l’organisme) ou national (donné au groupement auquel adhèrent des organismes situés dans plusieurs départements).


C’est pour obtenir cet agrément que nous sommes montés à Paris, au Conseil National de Lutte contre les Exclusions (CNLE), avec Michel Bérard et Serge Davin. Résultat mitigé. « Alors que globalement les critères prévus par les textes pour l’OACAS étaient respectés par ces 10 lieux à vivre »[1], seuls 3 des 10 « lieux » proposés par l’UILV (Mas de Carles, Berdine, AC3), ont obtenu l’agrément, au motif « que l’agrément OACAS n’est pas approprié pour des lieux à vivre qui ne commercialisent pas de productions ou de services et ne proposent aux personnes accueillies que des activités liées à la seule vie de la communauté, sans concourir à son équilibre financier. »[2]  Comme si faire la vaisselle, les repas, les réparations domestiques, les gardes, la maraude, l’animation d’un centre de jour, etc. n’exigeait pas l’apprentissage de gestes techniques précis ; ni ne participaient pas à faire faire des économies substantielles aux maisons concernées (comme aux services utilisateurs). Et comme si l’on pouvait simplement « réduire » l’insertion à la capacité marchande des personnes et des lieux à vivre. C’est ce que nous avons tenté de développer devant le CNLE, qui n’a pas totalement désapprouvé notre réticence. Affaire à suivre.

Olivier Pety

Président de l’association Mas de Carles

[1] Présentation du rapport d’instruction de la DGCS, 3,3. Le dossier peut être consulté sur le site du mas de Carles : www.masdecarles.org.

[2] Idem, 2,3.

Print Friendly, PDF & Email

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE du 27 avril 2017

  • Pour commencer

Comme chaque année, à l’invitation de Joseph qui demandait que l’on prenne « soin de lire mon testament dans chaque assemblée générale » [1], nous prenons le temps de réentendre ce testament spirituel de notre fondateur. Parce que ce texte est le fondement des statuts de l’association et le pilier de notre présence au mas.

« Un homme découvrit un trésor caché dans un champ. Dans sa joie, il s’en alla, vendit tout ce qu’il possédait et acheta le champ (Évangiles de Mt 13,44).

Cet homme, c’est moi-même. Le trésor, c’est le Mas de Carles. Un jour, j’ai découvert Carles. Ce fut, pour moi, un émerveillement. Je découvris un site exceptionnel. Il s’en dégageait une ambiance de paix, avec un certain fond de mystère. J’ai été séduit. J’ai compris qu’il y avait là quelque chose à faire, une chance à ne pas manquer. J’ai passé une grande partie de ma vie à accueillir : j’y ai vu là l’aboutissement d’un projet.

Les plus déshérités, ceux qui n’ont plus de famille, de travail, y auraient leur place. Tous ceux qui ont soif de paix, de calme, d’amitié, y viendraient. Une vie fraternelle de partage y serait possible loin de tout ce qui divise : l’argent, la race, la culture, etc. Carles deviendrait un lieu fort pour de nouveaux départs.

Carles a une vocation d’accueil. Depuis des années, Carles a accueilli des milliers de personnes et ce sont les plus pauvres qui y ont trouvé demeure. C’est pourquoi je demande aux membres de l’association d’entrer dans ce mouvement d’accueil, déjà réalisé en partie, pour le développer et le soutenir avec désintéressement…

Carles ne deviendra jamais un objet d’intrigue, un lieu de trafic, de commerce ou réservé à quelques-uns ».

Fait à Avignon, le 15 Janvier 1981

Père Joseph PERSAT, Fondateur du Mas de Carles.

Bilan d’activités 2016 lieu à vivre

Print Friendly, PDF & Email

O.A.C.A.S. Organisme d’Accueil Communautaire et d’Activités Solidaires

O.A.C.A.S. Organisme d’Accueil Communautaire et d’Activités Solidaires

Loi n° 2008-149, du 1 décembre 2008

Décret d’application n° 2009, du 14 juillet 2009

 SOMMAIRE GENERAL

Une nouvelle entité juridique                                                                    p.  3

Décret 2009-863 du 14 juillet 2009 (OACAS)                                 p.  5

Demande d’agrément des LAV  par UILV                                            p. 10

Instruction de la demande par la DGCS                                                p. 54

Deux interventions à la séance du CNLE du 18.05.2017              p. 77

L’avis du CNLE (sur la demande formulée par UILV)                        p. 83

Subvention UILV                                                                                                 p. 85

Projet de convention et annexes                                                               p. 86

Une entité juridique nouvelle :

les Organismes d’Accueil Communautaire et  d’Activités Solidaires

 (OACAS) [1]

La vie communautaire, l’activité et la solidarité sont les 3 valeurs cardinales inscrites au cœur de notre projet. Cette approche, en rupture avec les logiques d’assistanat, permet aux personnes accueillies de reprendre la maîtrise de leur existence et de redonner un sens à leur vie. Aujourd’hui le statut des OACAS reconnaît officiellement l’alternative qu’offrent la proposition d’accueil du Mas de Carles et des « lieux à vivre » réunis au sein de l’Union Interrégionale des Lieux à Vivre (UILV).

Pour lire ou télécharger le document entier, cliquez ici – OACAS

Print Friendly, PDF & Email