16 juin 2011
(17h30) : réunion des bénévoles volontaires de Carles.
23 juin 2011
(18h) : rencontre du groupe de préparation des Rencontres Joseph Persat.
18 septembre 2011
Journée portes ouvertes
15 octobre 2011
(10h-12h) : rencontres des participants des Rencontres Joseph Persat, autour des « Actes » et pour envisager le thème de la rencontre 2012.
Sans doute comme moi avez-vous poussé un " ouf ! " de soulagement à la pensée que prenait fin l'année européenne de lutte contre l'exclusion. C'était le signe de l'année 2010, n'est-ce pas ? Et vous vous êtes peut-être dit que les choses sérieuses allaient enfin venir. Pas de problème. La pauvreté peut encore dormir sur ses deux oreilles. En matière de lutte contre la pauvreté on a trouvé une parade imparable : en investissant dans… un référentiel des actes possibles à accomplir dans les centres et maisons d'accueil et l'évaluation de leur coût ! Une vraie révolution. Et pour mieux aider les associations à aménager leurs locaux en fonction des besoins réels du terrain, on voulait leur supprimer l'accès à la " maîtrise d'ouvrage " qui permettait d'accéder aux financements publics. Avec invitation à réfléchir au transfert de leur droit de propriété vers des organismes " spécialisés " dans la construction. Carles a subi ce refus concernant les transformations que l'association se proposait d'engager pour réhabiliter le logement mis à disposition des personnes accueillies ici. Comme un air de brigandage ! Avec le soutien des grandes fédérations et malgré l'appui de la Région.
Devant les protestations de nombre d'associations de terrain (le mas a émis une protestation auprès du député), la FNARS et les autres fédérations ont choisi de reposer la question au ministre en charge du dossier. Du coup " l'agrément de maîtrise d'ouvrage pourra être accordé à une association propriétaire ou titulaire d'un droit réel immobilier pour le périmètre strict du parc détenu ou pris à bail, qui nécessite la réalisation d'une opération d'humanisation ou de réhabilitation. " A charge pour elle de décliner sa capacité à réaliser l'opération et de produire une délibération de son C.A. Un signal de plus que le terrain n'a pas bonne presse et que l'on est plus prompt à légiférer d'en haut qu'à prendre en compte la réalité des faits au ras des hommes. L'accompagnement se mue facilement en contrainte pour l'accompagnateur et l'accompagné et en postures autoritaires pour les autres.
A force d'organisation " on " finirait par s'imaginer, en haut lieu, que les pauvres n'ont plus le droit de faire et de n'être que ce que les plus chanceux et les plus riches de nos sociétés ont imaginé pour eux. Et l'amour des " petites cases " pourrait, si nous n'y prenons garde, nous amener à évacuer de nos " entreprises " cette part d'humanité qui devient, pour certains, une gêne dans nos projets pour l'autre. René Char, bien sûr : " Des hommes de proie bien civilisés s'employaient à mettre le masque de l'attente fortunée sur le visage hébété du malheur. " A moins qu'il ne s'agisse plus simplement que de peurs à conjurer.
Tout cela nous est rappel.
Rappel de notre objectif : celui de l'homme au centre. L'homme tel qu'il est, précaire, soumis aux diktats des inclus et de leur gestion du monde et des affaires ; soumis à la peur entretenue par les moins partageurs. L'homme tel qu'il est avec l'élan de notre espérance et de notre volonté à lui rendre sa part de capacités, de possibilités d'être, sous la forme qui le lui permettra le mieux.
Rappel de nôtre rôle : celui de témoin d'une société qui ne va pas bien et qui réduit de plus en plus la part du pauvre ; celui d'être témoin d'une autre manière de vivre (où l'on partage un capital commun) et de permettre un autre regard sur la réalité du monde et des hommes qui vivent ici une aventure peu banale, administrant du haut de leurs (supposées) limites une ferme qui produit du haut de gamme.
Rappel de notre place à chacun : la solidarité n'est pas affaire de spécialistes, mais affaire de tous parfois secondés par des spécialistes. Carles n'existe que par la présence active, les dons, l'activité et la compétence partagée de tous (résidents, bénévoles et salariés). Nous rappelant que chacun peut être du nombre de ceux dont Oscar Wilde disait : " Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains parmi nous regardent les étoiles. " Et ici, chacun invite l'autre à regarder les étoiles, par-delà doutes et peurs !