Droits devant, Jean-Claude Amara

Auteurs: Jean-Claude Amara
Editeur:  Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2011
Prix: 18,50€

Dans la série des témoins et des acteurs de la lutte contre les exclusions (sans-logement, sans-papiers, etc.) Jean-Claude Amara est une de ces figures de terrain, discrètes et efficaces, tout entières tournées vers la construction d’un meilleur pour les moins chanceux de notre société. Co-fondateur de l’association Droits devant (qui donne son titre à ce livre) dont Albert Jacquard précise la philosophie : « Avancer « droit devant » c’est l’attitude qui caractérise la personne ayant défini un objectif et faisant le nécessaire pour l’atteindre sans détour. » Peut-être, au fil de cette lecture, trouverons-nous à nourrir notre part d’engagement.

 

POUR MEDITER

La Charte du Manden

  1. Les chasseurs déclarent : toute vie (humaine) est une vie. Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie, mais une vie n’est pas plus « ancienne », plus respectable qu’une autre vie, de même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.
  2.  Les chasseurs déclarent : toute vie étant une vie, tout tort causé à une vie exige réparation. Par conséquent, que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable.
  3. Les chasseurs déclarent : que chacun veille sur son prochain, que chacun vénère ses géniteurs, que chacun éduque comme il se doit ses enfants, que chacun « entretienne », pourvoie aux besoins des membres de sa famille.
  4. Les chasseurs déclarent : que chacun veille sur le pays de ses pères. Par pays ou patrie, faso, il faut entendre aussi et surtout les hommes ; car « tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface deviendrait aussitôt nostalgique. »
  5. Les chasseurs déclarent : la faim n’est pas une bonne chose, l’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ; il n’y a pas pire calamité que ces choses-là, dans ce bas monde. Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc, la faim ne tuera plus personne au Manden, si d’aventure la famine venait à sévir. La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves. C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu, à fortiori mis à mort, parce qu’il est fils d’esclave.
  6. Les chasseurs déclarent : l’essence de l’esclavage est éteinte ce jour, « d’un mur à l’autre », d’une frontière à l’autre du Manden ; la razzia est bannie à compter de ce jour au Manden ; les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden. Quelle épreuve que le tourment ! Surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours. L’esclave ne jouit d’aucune considération, nulle part dans le monde.
  7. Les gens d’autrefois nous disent : « L’homme en tant qu’individu fait d’os et de chair, de moelle et de nerfs, de peau recouverte de poils et de cheveux, se nourrit d’aliments et de boissons. Mais son « âme », son esprit vit de trois choses : voir qui il a envie de voir, dire ce qu’il a envie de dire  et faire ce qu’il a envie de faire. Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine, elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement. » En conséquence, les chasseurs déclarent : chacun dispose désormais de sa personne, chacun est libre de ses actes, chacun dispose désormais des fruits de son travail.

Tel est le serment du Manden à l’adresse des oreilles du monde tout entier.

  Youssouf Tata Cissé

LA VIE AU MAS

24 janvier : rencontre avec Philippe Demeestère, l’intervenant-animateur de notre dernière Rencontre Joseph Persat sur « La vie, c’est quoi ? Accroché, décroché, raccroché… » Ensemble avec Michel Couralet et quelques autres, nous avons préparé le compte-rendu de cette journée… et évoqué la possibilité de poursuivre autrement une collaboration fructueuse.

 

5 mars : 50 Italiens au Mas de Carles. 50 Italiens de la Coldiretti (syndicat Coltivatori Diretti) de la Région Vénétie qui cherchent à transformer leurs terres pour vivre et accueillir. Ils sont arrivés de Vénétie : des provinces de Padoue, Rovigo, Vérone. Avec pour objectif de se connaître mieux, se former ensemble et mettre en réseau leurs expériences. Il s’agit d’apporter un plus à un territoire qui se métamorphose au pas du quotidien ! Bien qu’ancrés dans la tradition, ces jeunes (et moins jeunes) savent que le monde change et qu’il y a nécessité de s’adapter. Ils cherchent comment on peut se préoccuper du vivre ensemble, ailleurs, dans le Vaucluse… Comment à Carles on peut parler et pratiquer l’Agriculture sociale. Patrick et Caroline avec les résidents, salariés et bénévoles de Carles ont organisé l’accueil. Pas simple, l’affaire ! De quinze visiteurs programmés, ils arrivent à cinquante… Intelligence et énergie multipliées, (le pain aussi) malgré le travail et les tâches ce fut un accueil réussi avec un vrai partage.
A quand un voyage en Vénétie pour Carles ? (J.Pacini)

 

6 mars : réunion de « l’Union Interrégionale des Lieux à vivre » au mas de Carles. Berdine, la Celle, la Ferme Claris, le GAF, le Mas de Carles, AC3, Médiation, Alice, Michel Bérard et Serge Davin. Ne manquaient que Vogue la Galère et les Moreuils.

Au cours du traditionnel tour de table, plusieurs questions sont portées de concert par les participants :

– celle du classement ERP de nos lieux : ces normes de sécurité sont trop élevées et onéreuses pour nos petites bourses ; d’autant que nous n’y sommes pas soumis en raison du temps que les personnes passent chez nous (généralement plus de trois semaines) ;

– celle des règles imposées par les SIAO qui compliquent l’accueil dans nos lieux (le choix des personnes nous échappe ; refus de certain(e)s de jouer le jeu des lieux ; sans compter ceux qui « tapent l’incruste » sans profit pour la communauté) ;

– celle concernant la couverture assurantielle des résidents qui participent aux travaux dans nos maisons.

Une visite à Paris auprès d’Alexandra Ménil booste l’habilitation de l’Union Interrégionale des Lieux à Vivre, concernant l’article 17 de la loi sur le RSA (la participation aux activités y est reconnue comme non soumise au droit du travail).

Suit une réflexion sur la loi ANI, qui oblige les employeurs à offrir la moitié d’une mutuelle collective à leurs salariés. La réflexion qui suit proteste qu’il s’agit là d’une loi faite pour ceux qui travaillent régulièrement ; elle est injuste parce qu’elle s’interrompt avec le chômage : « Quand t’es au chômage, tout te retombe dessus ! » Mais on constate que c’est peut-être aussi l’opportunité de réfléchir à des assurances territoriales de groupes.

Notre groupe renvoie à une réflexion approfondie et à proposition de décision au prochain CA de VCM.

11 mars : rencontre des bénévoles du mas. Après avoir évoqué le souvenir attristé de Maryse et de Brigitte (disparues depuis notre dernière rencontre), de Catherine Poublan, l’épouse d’Yves (dont nous apprenons ce jour le décès) le groupe a abordé l’évocation de l’abécédaire.

C’est un document en cours d’élaboration, pour lequel la participation de tous est fortement souhaitée. Il s’agit de repérer des mots courants, des mots qui nous viennent à l’esprit en pensant à ce qui se vit au mas. Repérer et proposer une « définition » qui corresponde à ce que ce mot signifie, peut signifier, devrait signifier à Carles.

Concrètement, la dernière version de l’abécédaire est distribuée à chacun, on précise que la centralisation est assurée par Olivier qui reçoit les contributions de chacun et met en forme si besoin.

Il ne s’agit pas d’un forum où chacun exprimerait ses appréciations sur tel mot, telle définition. Il s’agit de participer à l’élaboration d’un recueil de données capables d’alimenter notre compréhension du sens de notre participation à la vie de la maison, la spécificité du lieu, le mode de vie proposé. Un exemple souvent donné : à Carles, on ne dit pas « réfectoire » ou « cantine » mais « salle à manger », ça veut dire quoi ?

Salariés, résidents, bénévoles et administrateurs sont invités à entrer activement dans ce travail : un mail est vite envoyé, un mot vite écrit…

Nous ferons régulièrement le point sur l’avancée des travaux en vue d’une première « publication » à l’occasion de la rencontre commune prévue courant octobre 2015. Les tirages intermédiaires permettront de proposer réécritures, reformulations.

La prochaine rencontre des bénévoles est prévue le jeudi 21 mai, à 17h30.

13 mars : dans le cadre du CCFD et de l’accueil des partenaires, visite de Belinha Costa, brésilienne, membre du CEDAC (Centre d’Action Communautaire). Cette association mène des actions de formation sur la souveraineté et la sécurité alimentaire et la nutrition durable, mettant l’accent sur ​​le droit humain à une bonne et saine alimentation. En 2014, le CEDAC a formé avec quelques militants travaillant sur la sécurité alimentaire au sein de différentes organisations de la société civile, un groupe appelé « Collectif de sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’Etat de Rio de Janeiro pour développer des activités de formation au sein de l’Etat. »

Coordonnatrice de régulation médicale du Secrétariat d’Etat de Rio de Janeiro, Belinha est membre du CEDAC depuis plus de 15 ans. A ce titre, elle participe à l’équipe de formation (et d’information) sur la souveraineté et la sécurité alimentaire et la nutrition durable.

Conseillers municipaux de sécurité alimentaire et nutritionnelle (représentants de la société civile indiqués pour suivre et surveiller les politiques publiques de sécurité alimentaire et nutritionnelle), groupes de l’agriculture familiale et de l’économie solidaire, et toute personne de la société en général (pour une information sur la nourriture bonne et saine, contre les pesticides, pour une consommation plus consciente, etc.)

C’est ainsi que le CCFD-Terre Solidaire appuie le Programme Mercosur Social et Solidaire (PMSS) et un programme de souveraineté, de sécurité alimentaire et de nutrition durable.

 

27 mars : réunion du conseil d’administration du Fonds de dotation Joseph Persat. Ce conseil est actuellement constitué six membres : Patrick Chevrant-Breton, Frédéric Eymard, Hubert Legeay, Olivier Pety, Bernard Renoux, Jacques Vivent ; auxquels s’adjoint régulièrement Joël Aymard, expert comptable et membre du Conseil d’administration de Mas de Carles. Cette rencontre permet de faire le point sur l’habilitation générale en cours permettant au « Fonds » de recevoir tous les dons et legs de manière défiscalisée (et en particulier l’actif de l’association Saint Joseph). A cette occasion, un « flyer » (en français, on dit aussi « petit prospectus ») sera créé pour promouvoir cette possibilité de donation (dont le but est de soutenir les actions menées par le mas) en direction des chambres notariales et d’autres mécènes. On peut déjà le faire savoir dans nos entourages

De la ligne à la lumière : transmettre. « Se souvenir, oui se souvenir de tout ce qui nous a permis de grandir… » C’est ainsi que le frère André Raymond présenta l’idée de rendre hommage à Marcel Roy… « Il a su transmettre l’authenticité de sa recherche en marchant sur un chemin où la beauté est reçue comme espérance, comme sève nécessaire pour grandir… »

Oui, il s’agit bien de transmission. Homme, prêtre et artiste, Marcel Roy fut l’un de ces humbles transmetteurs: que ce soit le citoyen qui prend fait et cause pour un monde ouvrier en mutation, que ce soit le militant de la liberté, durant l’occupation allemande, qui met ses talents de dessinateur au service de la résistance, que ce soit le prêtre qui porte dans la Parole le frémissement de la créativité du geste humain, ou encore l’artisan-créateur qui fait de la beauté le fer de lance de sa quête de lumière, il était homme de son temps, parole en action qui, en bout de course, transmettait le relai dans le mouvement… Tracer des passages, établir des ponts, relier, et surtout s’interroger : comment construire ensemble cette part de création du monde qui revient à l’homme ?

Au Mas de Carles, une équipe s’est constituée, guidée par l’esprit de Frère André, pour rassembler les éléments nécessaires et proposer un livre témoignage, qui retrace ce chemin parcouru par Marcel Roy – de la ligne vers la lumière -. Et pour ce faire, nous faisons appel à celles et ceux qui pourraient apporter des éléments d’information (écrits, visuels, oraux…) pour nous aider à réaliser ce projet.

Contact J. Pacini, 65 avenue du Général de Gaulle 84510 Caumont sur Durance.
joseph.pacini@orange.fr

De la part d’Angeline, ce petit conte moderne de nos solitudes :

« En ce moment, j’essaie de me faire des amis en dehors de Facebook tout en appliquant les mêmes principes. Alors tous les jours, je descends dans la rue et j’explique aux passants ce que j’ai mangé, comment je me sens, ce que j’ai fait la veille, ce que je suis en train de faire, ce que je vais faire ensuite, je leur donne des photos de ma femme, de ma fille, du chien, de moi en train de faire le jardin, à la piscine…  J’écoute aussi les conversations des gens et je leur dis «j’aime !». Et ça marche : j’ai déjà trois personnes qui me suivent : deux policiers et un psychiatre. »


« Dételle-moi mort éclairante. A présent je sais vivre. » (R. Char). Malgré cela, ce trimestre aura été recouvert par la tristesse du départ de quelques ami(e)s, proches de Carles : Michèle Bouvet, Maryse Brouillard, Brigitte Extier, Suzanne Moine, Catherine Poublan, Annie Boule, Michel Ranc.

DITS

Inégalités. Selon les chiffres délivrés hier par Oxfam, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants. « La part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches était passé de 44% en 2009 à 48% en 2014 et dépasserait les 50% en 2016… Le reste du cinquième (20%) de la population possède 46% du patrimoine mondial alors que 80% de la population mondiale ne se partage que les 5,5% restant… » « L’ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse », a déclaré Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam. « et le fossé se creuse rapidement. » (La Provence, 20.01.2014). Et Manon Aubry, du département plaidoyer, campagne et mobilisation » d’Oxfam, ajoute que « les 80 individus les plus riches possèdent autant que 3,5 milliards de personnes dans le monde. C’est tout simplement intolérable. » En relevant que « la première cause de l’inégalité, c’est l’évitement de l’impôt », elle peut signaler que « les inégalités ne sont pas une fatalité. Elles sont le fruit de choix politiques. Nous attendons maintenant que les dirigeants du monde joignent le geste à la parole et s’attaquent aux intérêts particuliers qui font obstacles à un monde plus juste et plus prospère. » (La Croix, 20.01.2015)

Inégalités (bis). «La liberté de la presse est aussi un pouvoir. Or, en démocratie, aucun pouvoir sans borne ne saurait être légitime… On devrait toujours s’interroger, quand on défend la liberté de la presse, sur le rapport de pouvoir entre celui qui l’exerce et celui qui la subit. » (Tzvetan Todorov)

« Face à une situation de menaces, il n’y a presque jamais de vraie solidarité, plutôt le soupçon que celui qui en est l’objet ait trouvé là un bon moyen de faire parler de lui… L’Europe actuelle oublie de défendre la liberté d’expression… jusqu’au jour où certains l’ont enterrée sous une montagne de projectiles… Abattre des artistes, des intellectuels, des blogueurs, c’est abattre la pensée. Cela permet d’intimider tout le monde… de montrer que la réflexion et la diffusion des idées peuvent être punies. » (Roberto Saviano)

« On manifeste contre une très bienveillante caricature du Prophète alors que personne n’est encore descendu dans la rue pour dénoncer la réduction des Yazidis en esclavage ou les mille coups de fouet infligés au blogueur saoudien qui invitait à un aggiornamento de l’Islam. » (Bernard Guetta).

Quelques chiffres au 31 mars 2015

Les chiffres de l’accueil…

Au 31 mars, 57 personnes différentes ont été accueillies au mas.

32 dans le « lieu à vivre » (2.787 journées), 9 pour l’accueil immédiat (253 nuits).

12 embauchés sur le chantier d’insertion (2.800 heures) et 4 en action Collective d’Insertion (800 heures)

28 personnes relevaient du RSA, 10 de l’allocation adulte handicapée et 9 touchaient une pension.

5.456 repas ont été servis (4.514 pour la même période en 2014).

… et de vos dons

Ce premier trimestre 2015, vos dons ont représenté 20,2 % (37.867.78 €) des recettes de la maison.

Si l’on ajoute les revenus maison (5,7%) et la part des résidents (8,4%), cela représente au total 34,3% des produits financiers de l’association (64.442,92 €).

Merci à tou(te)s, en ces temps difficiles, de nous maintenir votre confiance.

Lettre 76

EDITORIAL

Un éditorial de bric et de broc ! Pas spécialement par paresse d’écrire. Mais pour cesser de laisser croire que la pauvreté, qu’habiter Carles ou d’autres lieux ressemblant (mieux ou non) est une affaire qui va de soi pour ceux qui y résident… permettant aux uns et aux autres de manifester compassion, solidarité ou haine et rejet.

La pauvreté n’est pas une rigolade. Et notre monde continue de regarder ailleurs !

Quelques extraits de journaux, juste pour le dire. Et nous signifier que par-delà notre aide et nos actions, il y a un véritable combat à mener autour de nous, pour que ces choses de la pauvreté ne se réduisent pas à quelques chiffres ou statistiques inodores. Par delà nos résignations et nos petits compromis, nos méfiances par rapport aux contre-modèles que certains d’entre les plus pauvres sont capables d’inventer (et de vivre), nos dénonciations de leurs excès (qui ne sont pas pire que les nôtres), nous redire que la vie mérite mieux. Bien mieux que cela. Si pour nous vivre est une évidence, voire un dû, il n’en est pas de même pour tous : ni pour ce qui est de vivre, ni même pour les conditions de vivre.

« Nous sommes engagés dans une totale folie. L’être humain détruit l’être humain, pollue en permanence, gaspille les ressources à grande vitesse. Nous sommes des créateurs de souffrance… (Or vivre) c’est coopérer avec la puissance de la vie… c’est habiter la terre pour ne pas la détruire. Nous avons besoin de la beauté pour nous égayer, jubiler devant la vie pour tous ces miracles qu’elle nous offre… » [1]

Les dividendes des actionnaires du CAC 40 ont augmenté de 30% en 2014. Rien à voir avec l’augmentation des salaires ordinaires !

« Nous sommes un petit pays. Nos pouvoirs sont limités. Notre voix n’est pas forte. Nous n’avons pas beaucoup d’alliés dans notre lutte. Mais la justesse de notre cause, notre aspiration à la dignité… le soutien de nos amis qui comprennent ce qui se passe vraiment nous donnent la force de continuer d’avancer et de continuer d’espérer. » (Alkinoos Ioannidis) [2]

En protestation contre le renforcement du blocus exercé conjointement par Israël et l’Égypte, des douzaines d’étudiants, bloqués dans Gaza et dans l’impossibilité de rejoindre leurs universités à l’étranger, ont jeté des diplômes symboliques dans la Méditerranée cette semaine (Sabeel – 12.02.2015)

Sans bruit, le chômage fait son ravage, loin de l’attention de la grande majorité d’entre nous. L’inserm, (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) vient de révéler que 200 personnes se suicident chaque année pour cette raison (depuis 2008) [3]

L’observatoire National de la pauvreté et de l’exclusion Sociale le dit : 1424 € par mois est le budget permettant à une personne seule de vivre décemment en logement social dans une ville moyenne. Il grimpe à 3.284 € pour un couple avec deux enfants[4]. Aujourd’hui le RSA « s’élève » à 513 €.

A Montargis (dans le Loiret) le député-maire UMP Jean-Pierre Door finit par empêcher la distribution de roses dans la rue par les membres de la communauté musulmane en infligeant une amende aux musulmans qui offraient des fleurs aux passants. (Le JAS, journal de l’action sociale (195), 15 mars 2015, p. 7)

Violence ct misère ont poussé 218.000 migrants à traverser la Méditerranée en 2014. Près de 3.500 sont morts noyés. Des chiffres en constante augmentation depuis les années 2000. Et des moyens réduits de moitié pour leur venir en aide depuis que l’Europe a pris les choses en main.[5]

« Détruisez ce Temple… », disait un certain Jésus en son temps. Celui de l’argent et de l’indifférence, aujourd’hui. Rude tâche.

Olivier Pety

Président de l’association Mas de Carles