La vie selon le Christ chez les Pères Apostoliques

LA VIE SELON LE CHRIST CHEZ LES PÈRES APOSTOLIQUE

Le « socle » de la mort et de la résurrection du Christ, l’Église surgit comme la Révélation de la Parole d’amour du Père pour l’humanité. C’est cette certitude qu’elle est invitée à faire rayon-ner. Les Pères Apostoliques ont été des catéchistes et ont initié la liturgie : Clément de Rome, Ignace d’Antioche, Polycarpe de Smyrne, Barnabé, Hermas… On retrouvera ici aussi de grands textes fondateurs du Ile siècle : la doctrine des douze Apôtres, les odes de Salomon, les lettres de Pline le Jeune, l’Épître à Diognète. Puisse ce livre permettre de prendre du temps pour se tenir devant Dieu avec les mots, les attitudes, les choix de nos premiers ancêtres dans la foi. Puisant dans le trésor de nos devanciers, peut-être nous sentirons-nous plus armés pour vivre et prier l’Évangile. Épurant et critiquant nos représentations actuelles, elles nous amènent à assumer une rencontre plus offerte à L’inconnu du Dieu qui vient.

Olivier Pety est prêtre pour le diocèse d’Avignon : il préside depuis de nombreuses années l’association « Mas de Caries » (à Villeneuve Lès Avignon), une association d’accueil, d’hébergement et de réinsertion pour des personnes sans domicile et en grande difficulté.
Bernard Lorenzato est prêtre à Marseille. Ancien vicaire général du diocèse, il anime régulièrement communautés et groupes autour de la découverte des Pères de l’Église.

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Lettre 90

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EDITORIAL

Le principe de fraternité déclaré central pour les « Sages » du Conseil Constitutionnel. Comme quoi, quand on s’y met à plusieurs, aucune porte ne reste vraiment close sur nos seuls intérêts particuliers. Il est bien sûr évident qu’il s’agit de réinstaurer une justice pratique dans nos rapports aux plus pauvres d’entre nous ; de libérer les plus engagés dans leur défense de tout soupçon d’illégitimité et de toute menace du bras de justice ; de nous éviter l’injustice de croire que dans notre société, tout le monde va trouver un emploi, quel que soit sa situation (120.000 postes accessibles par an, pour près de cinq millions de chômeurs) ; de croire qu’en trois mois on peut vaincre les addictions ou de s’imaginer que, cherchant ardemment à s’en libérer, tous peuvent tenir l’abstinence hors d’un lieu, d’une présence, d’une proximité qui tiennent lieu de pare-feu ! Nous le savons ici, rien de tout cela n’est vrai pour la plupart. Et le « pognon de dingue » permet à tous ceux-là de vivre autrement qu’en survivant dans le délitement et le déni de leur propre existence. Tout le reste n’est que fausse information, « fake new » comme on dit aujourd’hui de l’autre côté de l’Atlantique.

Il est clair aussi que cela devrait nous permettre de sortir des discours tout faits qui ne fonctionnent généralement qu’en faveur des plus aisés de notre société. De mettre fin à des prises de position comme celles que catégorisait un Gilles Herlédan : « Pour parler du coût d’une mesure entraînant des dépenses publiques, il est notable qu’il s’agira alors de stratégie, d’investissement, de capitaux libérés si la manne est destinée aux entreprises ou aux financiers. Le résultat attendu est la production de richesses, la croissance et le ruissellement éventuel sur les « derniers de cordée ». S’il s’agit de mesures sociales, ce seront des « charges », toujours excessives, des freins à la croissance. Elles sont décrites comme vaines et imposées à la puissance publique de manière abusive (les pauvres abusent toujours), tandis que les autres sont des choix résultant de décisions éclairées par la raison, voire même philanthropiques. »[1]

La fraternité prend rang de principe constitutionnel. Bien sûr, ce n’est qu’un commencement : la fraternité ne se décrète pas. A nous maintenant de devenir fraternel en chacun de nos gestes, de travailler à ce que ce principe devienne le principe de la réalité de nos relations, avec les moins chanceux d’entre nous, les plus éprouvés d’ici et d’ailleurs. ; à nous « attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont (parfois) décidées avant même notre naissance »[2]Peut-être, aurons-nous à cœur, nous les plus favorisés, d’ouvrir une chance supplémentaire de vie à tous ; d’éviter que la Méditerranée ne continue à engloutir cette part d’humanité à qui nous refusons, à ce jour, de faire la moindre place dans nos vies et nos territoires (hommes, femmes et enfants confondus dans le même rejet mortel). Aujourd’hui, nous avons à « faire en sorte que ce qui arrive n’ait plus de lieu pour arriver. »[3]C’est ce à quoi nous invite la décision des Sages du Conseil Constitutionnel. Et ne plus nous étonner que d’une chose : du temps qu’il nous reste pour donner à cette fraternité la trace de nos vies pour s’y épanouir, avec la brûlure de nos hésitations et les cicatrices de nos échecs.

Olivier Pety

Président de l’association Mas de Carles

[1]Golias (534), p. 12.

[2]Discours du Président de la République au Congrès de Versailles, en juillet 2018.

[3]Ch. Bobin, L’épuisement,Folio, 2015, p. 13.
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HOMÉLIE DE LA JOURNÉE PORTES OUVERTES

Petits commentaires des textes du jour 

Isaïe 50,5-9a – Psaume – Jacques 2,14-18 – Marc 8,27-35

« Une vie sans croix est une vie sans amour » (Jean de Bernières Louvigny). Tout simplement parce que la croix, proposée aujourd’hui par Jésus dans l’Evangile, est le lieu, le geste ultime par lequel Dieu dit son amour de l’humanité. Il l’aime tellement qu’il sacrifie sa Parole pour mieux laisser retentir le vide de toutes nos paroles humaines : « Un grand silence » dira un commentateur ancien pour qualifier la mort de Jésus : « Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. » [1] Et Maître Eckhart (au XIVème siècle) conclura : « Il faut qu’il y ait silence et immobilité pour que le Verbe se fasse entendre ». Et avec lui la force de la résurrection offerte. Et notre capacité à la faire vraie, comme dira Léon le Grand dans une de ses homélies : « La Miséricorde veut que tu sois miséricordieux ; la Justice, que tu sois juste, afin que le Créateur apparaisse dans sa créature et que, dans le miroir du cœur humain, resplendisse l’image de Dieu exprimée par les traits qui la reproduisent. »[2] Continuer la lecture de « HOMÉLIE DE LA JOURNÉE PORTES OUVERTES »

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Retour en images sur la journée Portes Ouvertes

des jeux d’adresse, très apréciés ont été prêtés par l’association KASAJEUX de Pujaut

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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Association Mas de Carles 11 avril 2018

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Association Mas de Carles 11 avril 2018

Comme chaque année, à l’invitation de Joseph qui demandait que l’on prenne « soin de lire mon testament dans chaque assemblée générale» 5, nous prenons le temps de réentendre ce testament spirituel de notre fondateur. Parce qu’il est le fondement des statuts de l’association et le pilier de notre présence au mas.

“Un homme découvrit un trésor caché dans un champ. Dans sa joie, il s’en alla, vendit tout ce qu’il possédait et acheta le champ » (Évangiles de Mt 13,44). Cet homme, c’est moi-même. Le trésor, c’est le Mas de Carles. Un jour, j’ai découvert Carles. Ce fut, pour moi, un émerveillement. Je découvris un site exceptionnel. Il s’en dégageait une ambiance de paix, avec un certain fond de mystère. J’ai été séduit. J’ai compris qu’il y avait là quelque chose à faire, une chance à ne pas manquer. J’ai passé une grande partie de ma vie à accueillir : j’y ai vu là l’aboutissement d’un projet. Les plus déshérités, ceux qui n’ont plus de famille, de travail, y auraient leur place. Tous ceux qui ont soif de paix, de calme, d’amitié, y viendraient. Une vie fraternelle de partage y serait possible loin de tout ce qui divise : l’argent, la race, la culture, etc. Carles deviendrait un lieu fort pour de nouveaux départs. Carles a une vocation d’accueil. Depuis des années, Carles a accueilli des milliers de personnes et ce sont les plus pauvres qui y ont trouvé demeure. C’est pourquoi je demande aux membres de l’association d’entrer dans ce mouvement d’accueil, déjà réalisé en partie, pour le développer et le soutenir avec désintéressement… Carles ne deviendra jamais un objet d’intrigue, un lieu de trafic, de commerce ou réservé à quelques-uns ».

Fait à Avignon, le 15 Janvier 1981 Père Joseph PERSAT,

Fondateur du Mas de Carles.

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